Dans l'actu

78 % des Palestiniens de Jérusalem-Est vivent sous le seuil de la pauvreté

Jérusalem en chiffres : un rapport accablant sur les conséquences de l’occupation pour les habitants de Jérusalem-Est, publié par Association for Civil Rights in Israël (l’Association pour les droits civiques en Israël), au mois de mai.

Population : 360.882 Palestiniens représentant 38 % de la population totale de Jérusalem.

Révocation de résidence : depuis 1967, le statut de résident de 14.084 Palestiniens a été révoqué et annulé, et ces anciens résidents n’ont plus de droit de vivre dans leur ville.

Taux de pauvreté : 78 % des Palestiniens vivant dans le district de Jérusalem et 84 % des enfants vivent sous le seuil de pauvreté – le pire taux de tous les temps.

Bureaux d’assistance : 3 bureaux à Jérusalem-Est traitent en gros un tiers de la population de Jérusalem, alors qu’il y en a 18 à Jérusalem-Ouest. Même en ajoutant 19 postes de fonctionnaires de l’assistance à Jérusalem-Est, il y a toujours un terrible retard et la nécessité de créer 15 postes supplémentaires à temps plein.

Enfants exposés : Jérusalem-Est compte 6.150 enfants en situation risquée; le taux de violence familiale est en hausse. 71 enfants de Jérusalem-Est ont été envoyés dans des institutions dans le nord du pays en 2010, en raison du manque de structures d’accueil convenables à Jérusalem pour les enfants arabes.

Pénurie de locaux scolaires : il y a une pénurie chronique d’environ 1.000 locaux de classe, dans le système éducationnel de Jérusalem-Est.  En dépit des engagements pris par les autorités israéliennes devant les tribunaux, les nouvelles classes qui ont été construites ne sont pas parvenues à combler ce fossé.

Pénurie de crèches : il existe 6 crèches municipales à Jérusalem-Est, contre 66 à Jérusalem-Ouest : ce fait rendra difficile la concrétisation de la décision du gouvernement de faire appliquer la Loi mandataire sur l’éducation gratuite aux enfants âgés de 3 à 4 ans, durant la prochaine année scolaire.

Ecoles secondaires et enseignement universitaire : le taux d’abandon des études pour les élèves en 12e année (= fin des humanités) à Jérusalem-Est est de 40 % ; les étudiants avec un diplôme Tawjihi (diplôme permettant l’accès aux écoles supérieures palestiniennes et jordaniennes) estiment qu’il est très malaisé de pouvoir s’inscrire dans les universités israéliennes. Certains des graduats proposés par les universités palestiniennes, y compris l’Université Al-Quds, ne sont pas reconnus en Israël.

Professions et industrie : 25 % des Palestiniens vivant à Jérusalem et ses environs immédiats sont employés dans le secteur des hôtels et des restaurants ; 19 % dans l’enseignement ; 19 % dans les services publics ; le seul parc industriel palestiniens, dans le quartier Wadi Joz de Jérusalem, est sous menace de fermeture.

Planning et construction : Les Palestiniens ne sont autorisés à construire que sur 17 % de la zone de Jérusalem-Est, dont la quasi-totalité de l’étendue totale est presque entièrement couverte par des constructions précédentes. Presque tous les quartiers palestiniens manquent de plans d’ensemble détaillés ; le taux de construction autorisé dans les quartiers palestiniens se situe généralement entre 35 et 75 %, alors que dans les quartiers juifs, il se situe entre 75 et 150 %.

Expropriation de terrains : un tiers des terrains palestiniens de Jérusalem ont été expropriés depuis 1967 et, sur ces terrains, des milliers d’appartements ont été construits pour la population juive de la ville; 35 % des zones planifiées des quartiers palestiniens ont été désignées comme « zones à paysage ouvert » sur lesquelles il est interdit de construire.

Logement et densité d’occupation : entre 2005 et 2009, seules 13 % des permis de bâtir accordés à des unités de logement à Jérusalem l’ont été dans les quartiers palestiniens ; dans les quartiers juifs, on compte une moyenne de 20 mètres carrés de logement par résident, ce qui est près du double, comparé aux 11 mètres carrés dans les quartiers palestiniens.

Barrière de séparation et check-points : la construction de 142 km de la Barrière de séparation, la fermeture de points de passage et l’implantation d’un « régime de permis d’accès » ont coupé efficacement Jérusalem-Est de la Cisjordanie, rendant nettement plus pénible les conditions économiques et sociales des résidents de Jérusalem-est.

Les quartiers au-delà de la barrière de séparation [1] : quelque 90.000 résidents de Jérusalem-Est nantis de cartes d’identité israéliennes bleues et vivant dans les quartiers de Ras Hamis, de Dahiyat al-Salaam, dans le camp de réfugiés de Shuafat et dans les quartiers de Kafr Aqab et de Samiramis sont coupés du gros de la ville et doivent donc franchir des check-points quotidiennement pour se rendre au travail, à l’école, bénéficier des services médicaux, rendre visite à des membres de leur famille, etc.

Les hôpitaux de Jérusalem-Est : la construction de la barrière de séparation et les restrictions de l’accès à partir de la Cisjordanie, imposées à la fois aux patients et au personnel médical, ont abouti à une crise financière sévère au sein des hôpitaux de Jérusalem-Est, qui assurent le gros des services médicaux de toute la Cisjordanie. En 2006, le taux de résidents de Jérusalem vivant au-delà de la Barrière de séparation et qui cherchaient de l’aide médicale dans ces hôpitaux a chuté presque d’un seul coup, passant de 69 % à 29 % seulement.

Egouttage : il manque quelque 50 km de canalisations d’égouttage et, en lieu et place, les résidents utilisent des fosses septiques. Les inondations répétées avec ce genre de système causent de sérieux aléas sur le plan de la santé ; actuellement, il existe des difficultés pour connecter les résidents au système urbain de distribution d’eau.

Services postaux : il y a seulement 9 bureaux de poste à Jérusalem-Est; il y en a 42 à Jérusalem-Ouest; la livraison du courrier est et irrégulier.


[1] « barrière de séparation » : appellation « publicitaire » donnée par Israël au mur/clôture érigé(e) entre la Cisjordanie et le territoire qu’Israël considère comme le sien (Jérusalem ayant été annexée, mais cette annexion n’étant reconnue par aucun pays au monde). Le tracé suit très approximativement la “ligne verte”, dont il s’écarte largement sur diverses parties de sa longueur, afin d’annexer de facto les meilleures terres agricoles ou pour d’autres motifs. On préfèrera l’appellation “mur de la honte” ou “mur de l’apartheid”. NDLR

Traduction pour ce site : JM Flémal.

Plus d’info dans cette vidéo (en arabe et en anglais)

Print Friendly, PDF & Email