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53.000 Palestiniens le dos au “Mur de l’apartheid”

carteBL’Office des Nations unies chargé de coordonner l’aide humanitaire (OCHA) produit très régulièrement des rapports sur la situation dans les territoires palestiniens.

Cinq ans après la condamnation de la “clôture de sécurité” érigée par Israël en territoire palestinien par la Cour internationale de Justice de La Haye (jugement qui n’a produit aucun effet sur le terrain, les seules inflexions étant liées à des décisions de la Cour suprême israélienne), il publie un bilan de ses conséquences pour les Palestiniens en matière de santé [1]. Une occasion pour décliner un certain nombres de données statistiques.

Premier rappel, la “clôture” justifiée par les autorités pour mettre un terme aux attentats palestiniens perpétrés en Israël au début de la deuxième intifada, est encore loin d’être terminée : si le dispositif sécuritaire est opérationnel sur 61,4% de son tracé (8,4% sont en construction) plus du quart (30,1%) reste encore à construire. Un simple coup d’œil sur la carte présentée par OCHA permet de comprendre pourquoi : les sections inachevées renvoient à des décisions éminemment politiques à savoir l’annexion unilatérale de “blocs” importants de colonies à Israël.

Principal enseignement : la construction de cette “clôture” majoritairement (85% du tracé) à l’intérieur de la Cisjordanie a pris au piège un nombre importants de Palestiniens. Ces derniers sont coincés entre la “Ligne verte” (le territoire israélien leur est inaccessible) et la “clôture”. 53.000 Palestiniens sont dans ce cas, dont 28.000 qui habitent dans deux enclaves (Az-Zawiya et Dir Nabala, voir les deux extraits de carte ci-dessous).carteA

Si on se fie à la complexité du tracé (deux fois plus long que la Ligne verte pour pouvoir englober le maximum de colonies) et à la lourdeur du dispositif mis en place, on n’a peu de doutes sur sa pérennité. Dans son argumentaire présenté à la Cour internationale de justice, l’Etat d’Israël avait pourtant tenu un tout autre discours :

« Israël a dit à maintes reprises que la barrière est conçue seulement comme une mesure défensive temporaire non violente afin de prévenir des attentats et autres attaques contre Israël et les Israéliens. La barrière ne doit pas porter préjudice aux résultats des négociations politiques sur les frontières, Jérusalem, les colonies ou toute autre question, et elle ne le fait pas. Israël prévoit qu’en temps voulu, quand la menace terroriste aura cessé, la barrière pourra être déplacée au gré des accords entre les deux parties. » [2]


Article initialement publié sur le blog du Monde « Guerre ou Paix » http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/

[1] le rapport (en anglais) est disponible ICI au format PDF
[2] “Israel has said time and again that the fence is intended solely as a temporary, nonviolent, defensive measure to guard against suicide and other attacks against Israel and Israelis. The fence does not, and is not intended, to prejudice the outcome of political negotiations on borders, Jerusalem, settlements or any other issue. Israel expects, in due course, when the terrorist threat has ceased, that the fence will be moved to reflect any agreement between the two sides.

Trad : CL, Afps

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