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39 femmes palestiniennes dans les geôles israéliennes

Parmi les prisonniers politiques palestiniens il y a  actuellement 39 femmes.

Dans son bulletin d’avril 2010, l’association des femmes pour les prisonnières politiques “Women’s Organization for Political Prisoners” (WOFPP) fait le point sur leur situation.

Les autorités de la prison continuent à empêcher les familles des prisonnières politiques d’apporter du matériel pour les travaux manuels, ainsi que des souliers. Les prisonnières doivent acheter les souliers dans la cantine de la prison. Les souliers dans la cantine sont beaucoup plus chers, et il n’y a presque pas de souliers pour femmes.

Lorsque les autorités emmènent les prisonnières politiques de la prison à la cour, les prisonnières souffrent de l’attitude rigide et humiliante des gardiens de l’unité ‘Nahshon’ (l’unité spéciale des autorités de la prison qui doit garder les prisonniers à l’extérieur des prisons). Les prisonnières politiques qui ont une session à la Cour sont emmenées à la Prison de Névé Tirza (Ramle) un jour ou même plusieurs jours avant la session et sont détenues dans l’aile des prisonnières criminelles qui sont hostiles envers les prisonnières politiques. À l’aube du jour de la session, les prisonnières sont mises dans la voiture où se trouvent les prisonnières criminelles, souvent sans partition,  bien que les prisonnières criminelles entreprennent de les harceler.  Des fois elles restent de longues heures dans la voiture, les menottes aux mains, sans nourriture ni boisson, et sans la possibilité d’aller aux toilettes. Quelquefois il y a des chiens dans la voiture.”

Voici la situation de quelques-unes de ces palestiniennes :

Prison de Hasharon (Tel Mond)

Nada elDarbas, de Jérusalem, a été arrêtée le 5 mai 2007. En mars 2010, elle a été transférée de la Prison de Damooon à la Prison de Hasharon. Le comité de sursis a refusé de lui accorder la mise en liberté avant terme, bien qu’elle en ait purgé plus de deux tiers.

Kahera elSa’adi, de Jénine, a été arrêtée le 30 mai 2002. Dès les 16èmes anniversaires de sa fille et de son fils, les autorités israéliennes leur ont interdit la visite à leur mère.

‘Abeer Odeh, du district de Tulkarem, a été arrêtée le 9 août 2009. La plupart des membres de sa famille ne sont pas autorisés à lui rendre visite en prison. Son frère avait reçu la permission pour une seule visite mais, dû à la clôture imposée à la Cisjordanie, il n’a pas pu réaliser cette visite. À présent, il doit demander une nouvelle permission, et cela pourrait prendre du temps.  
Lorsqu’elle a comparu devant la cour, elle s’y est plainte de l’attitude des gardiens envers elle en route de la prison à la cour.

Irena Sarahna, du Camp de Réfugiés de Dehaishe, district de Bethlehem, a été arrêtée le 23 mai 2002. Les autorités de la prison continuent à  refuser sa requête de rencontrer son mari qui est, lui aussi, un prisonnier politique dans une prison israélienne. Elle ne l’a pas rencontré depuis environ une année.

Ahlam elTamimi, âgée de 30 ans, de Ramallah, a été arrêtée le 14 septembre 2001. Elle s’est mariée après son arrestation. Après avoir présenté des pétitions pendant environ quatre ans demandant à rencontrer son mari qui est, lui aussi, un prisonnier politique dans une prison israélienne, elle a pu le rencontrer le 2 mars 2010 pour la première fois. Les autorités de la prison n’ont permis la visite que derrière une partition en verre, et ils ont pu se parler par téléphone seulement.

Hanaa Shalabi, de Burqin, district de Jénine, une détenue administrative, a été arrêtée le 14 septembre 2009. Le 14 mars, les autorités israéliennes ont prolongé de six mois son ordre de détention administrative.

Rajaa elGhul, une détenue administrative, âgée de 39 ans, du Camp de Réfugiés de Jénine, a été arrêtée le 31 mars 2009. La cour a abrégé sa détention administrative à trois mois et demi. Elle a beaucoup souffert en route à la cour. Les gardiens de l’unité de Nahshon l’ont emmenée à l’autobus à 3 heures de la nuit. Ils l’ont assise à coté d’une prisonnière criminelle qui a fumé dans la voiture, causant des malaises à Rajaa qui a des problèmes de santé. La session de Rajaa a duré jusqu’à 15.00 heures. On l’a alors emmenée à la Prison de Névé Tirza (Ramle), où elle est arrivée à 19.30 heures. Pendant tout ce temps elle avait demandé de l’eau, mais n’en a pas reçu. À Ramle un médecin l’a examinée et lui a donné des pilules qu’elle ne pouvait pas avaler parce que les gardiens ne lui ont pas donné d’eau. Les gardiens l’ont laissée à la Prison de Névé Tirza jusqu’à 22.00 heures, et ne l’ont emmenée à la Prison de Hasharon qu’à cette heure avancée. Elle y est arrivée en état d’épuisement.

Muntha ‘Abed Tawil, âgée de 44 ans, de el Bira, a été arrêtée le 8 février 2010. Pour une session à la cour, les autorités l’ont emmenée six jours avant et l’ont détenue en séparation dans l’aile des prisonnières criminelles à la Prison de Névé Tirza (Ramle).

Ghofran Zamel, âgée de 26 ans, du Camp de Réfugiés de el Ein, district de Naplouse, a été arrêtée le 29 août 2009 et condamnée, le 22 mars 2010, à 10 mois de prison et une amende  de NIS 3000 (environ 1000$).

Prison de Damoon (Montagne de Carmel)

Amal Jum’ah, du Camp de Réfugiés de ‘Askar, district de Naplouse, a été arrêtée le 9 mai 2004. Elle a été hospitalisée pour une intervention chirurgicale de l’utérus. Les conditions à l’hôpital étaient tellement rigides qu’un seul jour après l’intervention elle a demandé à être retournée à la prison et à ne pas rester à l’hôpital les cinq jours que les médecins avaient estimés nécessaires après l’opération.

Pendant le temps à l’hôpital ses mains et ses jambes avaient été attachées au lit. Quand elle voulait aller à la douche, ils ont enchaîné ses mains verticalement à ses jambes. Parmi les membres du personnel de l’hôpital il y avait quelques-uns qui l’ont bien traitée, mais elle a souffert d’un très mauvais traitement par les autres.

Suad Nazal, âgée de 24 ans, de Qalqilya, a été arrêtée le 23 août 2009. Elle souffre de problèmes de la mâchoire. Bien que la cour ait décidé que les autorités de la prison devaient autoriser son  traitement médical, à la fin du mois de mars elle n’en a toujours pas reçu. Elles ne lui donnent que des tablettes contre la douleur.
Les autorités israéliennes interdisent à sa famille de lui rendre visite.

Wurud Qasam, de Tirah dans le Triangle, a été arrêtée le 4 octobre 2006. Elle a demandé, à plusieurs reprises, aux autorités de la prison à recevoir le journal hebdomadaire « Panorama » qui est publié dans la région où elle vit, mais les autorités de la prison ont refusé.

Iman Ghazawi
, de Tulkarem, a été arrêtée le 3 août 2001. Le comité de sursis a refusé de lui accorder la mise en liberté avant terme, bien qu’elle en ait purgé plus de deux tiers.

Sumoud Kargja, de Safa, district de Ramallah, a été arrêtée le 25 octobre 2009. Elle a dû paraître devant la cour le 17 mars 2010. Le voyage à la cour a commencé un jour avant. Les autorités de la prison l’ont transférée  à la Prison de Névé Tirza (Ramle). Elles l’ont fait s’asseoir dans l’autobus et l’y ont laissée environ deux heures. Ensuite, elles ont emmené des prisonnières criminelles de la Prison de Hasharon et, sans partition, les ont fait s’asseoir à son coté. A la Prison de Névé Tirza elle a été détenue en séparation dans l’aile des prisonnières criminelles qui l’ont insultée sans cesse. Le lendemain, les gardiens l’ont réveillée à 4 heures du matin et lui ont dit de se préparer pour le voyage à la cour. Ensuite, ils lui ont dit que la session a été annulée, puis ils ont dit qu’elle n’était pas annulée, et ainsi de suite jusqu’à 13.00 heures. Et alors ils lui ont dit que la session était annulée et qu’elle allait être retournée à la Prison de Damoon. Ce jour-là elle n’a pas reçu à manger jusqu’à 16.00 heures. Cela a été la troisième fois qu’elle a été en route de la prison à la cour. Les deux fois précédentes ont été similaires et même pires, parce qu’il y avait aussi des chiens dans l’autobus qui ont aboyé sans cesse.
Les autorités israéliennes ne permettent pas aux membres de sa famille de lui rendre visite.

Prison de Névé Tirza (Ramle)

Wafaa el Bis, du Camp de Réfugiés de Jebalya, dans la Bande de Gaza, a été arrêtée le 20 juin 2005. Pendant plus de 6 mois, elle a été détenue en séparation dans l’aile des prisonnières criminelles qui l’ont insultée. Le 17 mars 2010, donnant suite à la requête des autorités de la prison, la cour de district de Petah Tiqva a approuvé l’extension de sa période de séparation de trois mois additionnels. L’avocate de WOFPP, Taghreed Jahshan, qui l’a représentée devant le tribunal a demandé de ne pas prolonger la séparation et de retourner Wafaa immédiatement à l’aile des prisonnières politiques à la Prison de Damoon.
Depuis un mois environ, elle n’a pas pu sortir pendant la période de récréation, parce que la cour est inondée d’eaux d’égout.

Manifestation de soutien

Lors de l’occasion du jour des femmes international, « Coalition of Women for Peace » (la coalition des femmes pour la paix) a organisé une manifestation devant la Prison de Hasharon avec des calicots « Libérez toutes les prisonnières politiques », « Solidarité avec les prisonnières politiques », « Un traitement médical approprié pour les prisonnières politiques » etc. Des dizaines de femmes et homme ont participé à la manifestation.

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