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Ehud Barak poursuivi devant les tribunaux US par les parents d’une victime du «Mavi Marmara»

L’agence de presse Associated Press a annoncé que l’ex-ministre israélien de la défense (!) Ehud Barak est poursuivi devant la Justice des États-Unis par les parents d’un jeune homme de 19 ans, Furkan Dogan, qui avait été tué par les commandos de marine israélien, lorsque ceux-ci avaient arraisonné en haute mer (dans les eaux internationales) la « Flotille de la Liberté » en mai 2010.

barak_ehudLes commandos de marine israéliens avaient, en pleine nuit, pris d’assaut six bateaux battant pavillon de la Turquie, à bord desquels ne se trouvaient que des civils (en dépit de leurs efforts désespérés les propagandistes israéliens n’ont jamais pu exhiber en guise d’armes dont ils auraient été munis que quels outils et des couteaux de cuisine). Cet assaut mené avec la plus grande sauvagerie avait causé la mort par balles de 9 civils, à bord du « Mavi Marmara« . Toutes les victimes étaient de nationalité turque, mais Furkan Dogan, né à New York et résidant en Turquie, avait également la nationalité Étatsunienne.

Ces événements provoquent aujourd’hui encore une tension non négligeable entre Israël et la Turquie.

Les parents de Furkan Dogan, ont introduit une action judiciaire contre Ehud Barak devant une Cour Fédérale à Los Angeles. Ils ont profité de son passage à Los Angeles, où il a prononcé une conférence, pour lui notifier cette plainte, selon la procédure en vigueur aux États-Unis.

Les avocats des parents de Furkan Dogan ont indiqué qu’il y a des années qu’ils cherchent à traîner Barak devant les tribunaux dans plusieurs pays, notamment en France. La famille s’est attachée les services d’avocats basés à Londres et aux États-Unis. Dan Stormer, avocat établi à Los Angeles, s’est dit confiant quant au fait que la Justice fédérale sanctionnera Barak qui – dit-il – « est un criminel de guerre qui a provoqué le massacre » à bord du Mavi Marmara.

Certains juristes Étatsuniens n’en sont pas si sûrs. Un professeur de droit international humanitaire de l’Université Notre-Dame, Dan Cassel, a notamment fait remarquer qu’en 2013 la Cour Suprême des États-Unis a imposé de sérieuses limites aux possibilités pour des étrangers d’utiliser les tribunaux des États-Unis pour chercher à établir la responsabilité de coupables de violations des droits de l’homme et à ainsi obtenir des compensations financières. Des considérations politiques pourraient aussi intervenir, dit Cassel, car Barak ne manquera pas d’invoquer une immunité liée à ses fonctions de l’époque.

Après l’annonce de cette action en Justice, le porte-parole du Ministère israélien des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, qui a ses bureaux à Jérusalem, s’est empressé de diffuser une déclaration dans laquelle il affirme qu’il s’agit là « d’une nouvelle tentative de faire un usage abusif de procédures juridiques légitimes à des fins politiques cyniques pour nuire à l’État d’Israël. Nous sommes confiants quant aux fait que les États-Unis ne se prêteront pas à un tel abus de droit « .

Après les faits, une commission d’enquête de l’ONU, dont la composition était fortement sujette à caution, avait conclu que les militaires israéliens avaient fait un usage « excessif et déraisonnable » de la force, mais avait également blâmé la Turquie et affirmé qu’Israël a le droit de maintenir un blocus de la Bande de Gaza (ce qui en droit international est hautement contestable).

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