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21 journalistes palestiniens dans les prisons israéliennes

Ali Abunimah

Le nombre de journalistes palestiniens détenus dans des prisons israéliennes est monté à vingt et un, dont huit travailleurs des médias arrêtés depuis le début de cette année, a expliqué lundi l’association Addameer, qui défend les droits des prisonniers.

Gaza, 5 juin. Des journalistes palestiniens arborent des affiches réclamant la liberté des leur collègue emprisonné, Samah Dweik, lors d’une manifestation demandant à Israël de libérer les prisonniers palestiniens. (Photo : Mohammed Asad, APA images)

Parmi ces personnes figurent le coordinateur médiatique d’Addameer en personne, Hassan Safadi, et Omar Nazzal, membre du secrétariat général du Syndicat des journalistes palestiniens.

Safadi a été arrêté en mai à son retour d’une conférence internationale en Tunisie et Nazzal a été arrêté en avril alors qu’il se rendait à un meeting de la Fédération européenne des journalistes.

Les deux font partie des 700 personnes et plus et qui sont en détention administrative, la pratique israélienne datant de l’époque coloniale britannique et consistant à emprisonner indéfiniment des Palestiniens sans accusation ni procès.

Addameer explique que « les journalistes sont visés en raison de leurs efforts pour informer sur les violations israéliennes, y compris les pratiques de confiscation des terres, de démolition de maisons et de restriction de déplacement imposées à la population palestinienne ».

Selon Addameer, les journalistes emprisonnés proviennent de toute une série de contextes et de médias. On trouve également parmi eux les étudiants en médias de l’Université Al-Quds, Amir Abu Hleil et Muhammad Atta, et un maître de conférences de l’Université de Birzeit, Nasser Khaseb.

En fait également partie Samah Dweik, l’un des rares journalistes à avoir suivi de près l’affaire de l’écolière palestinienne Marah Bakir, emprisonnée pour avoir prétendument poignardé un militaire israélien.

Dweik, détenu dans une prison où Israël incarcère traditionnellement des prisonnières politiques, est accusé d’« incitation à la violence », une charge fréquemment utilisée par Israël contre les journalistes et usagers des médias sociaux palestiniens.

Outre le propre coordinateur médiatique d’Addameer, Israël détient également depuis 2011 Salah Addin Awwad, le directeur des médias du Club des prisonniers palestiniens.

La répression se poursuit

En mars, les forces israéliennes d’occupation ont lancé une vague de répression accrue contre les journalistes palestiniens, après que le gouvernement avait blâmé les médias pour avoir incité au soulèvement lors des confrontations entre les forces israéliennes et les Palestiniens qui avaient débuté en octobre dernier.

Les forces israéliennes ont physiquement agressé et aspergé de spray au poivre des journalistes qui documentaient leurs actions et ces violences ont parfois été enregistrées sur vidéo.

En mars, un raid israélien au cours duquel la station de télévision Palestine Today, à Ramallah, a été fermée, a suscité aussitôt une condamnation sévère de la part de la Fédération internationale des journalistes.

« Nous ne pouvons tolérer ces attaques continuelles de la part des autorités israéliennes visant à museler la presse palestinienne », a déclaré le président de l’association, Jim Boumelha.

Au début de ce mois, le Syndicat des journalistes palestiniens a demandé au Newseum de ne pas accueillir Avital Leibovich, l’officier et porte-parole de l’armée israélienne impliqué dans des assassinats à l’étranger de journalistes palestiniens.

Mais l’institution de Washington, DC qui se donne pour but de protéger les libertés des médias a rejeté cet appel à la solidarité, ce qui a déclenché une vague de protestations et d’interruptions durant l’exposé de Leibovich.


Publié le 20 juin sur The Electronic Intifada
Traduction : Jean-Marie Flémal

Ali Abunimah

Ali Abunimah, journaliste palestino-américain est le cofondateur de ’The Electronic Intifada’ et auteur des livres  One Country : A bold Proposal to end the Israeli-Palestinian Impasse et The battle for Justice in Palestine

On peut suivre Ali Abunimah sur Twitter : @AliAbunimah

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