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Présence et Action Culturelles

Cent quatre-vingt-deux, c’est le nombre de jours depuis lequel Mohamed Abu Sakha, 23 ans, artiste de l’École de Cirque Palestinien, a été privé de liberté alors qu’il se rendait de sa maison à Jenin vers Ramallah afin d’assister à un concert avec ses amis. Placé en détention administrative, Abu Sakha n’a reçu aucune information quant à la nature de son arrestation.

Abou Sakha 2La détention administrative est fréquemment utilisée par Israël. Elle dure entre trois et six mois et peut être renouvelée infiniment, sans qu’aucune accusation ne soit émise. Quelques jours après son arrestation, Abu Sakha a appris qu’il serait placé six mois en détention administrative.

Nous sommes aujourd’hui même six mois plus tard. Abu Sakha devrait donc apprendre s’il peut recouvrer la liberté ou purger une peine supplémentaire.

Depuis de nombreuses années, Présence et Action Culturelles soutient le développement et la pérennisation de cette école de cirque en Palestine. En tant qu’Amis de l’École de Cirque Palestinien, nous insistons de toutes nos forces pour obtenir sa libération immédiate. Abu Sakha a entrainé et formé plus de 350 enfants et adolescents ces dernières années et a collaboré avec des centaines d’artistes. Au quotidien, il transforme la frustration de jeunes Palestiniens en espoir et en optimisme. Avec toute son énergie et sa passion pour le cirque, il privilégie toutes formes pacifiques d’expression et d’opposition.

Quelques chiffres au mois de mai 2016 :

Source : Addameer

Mettre un clown, un formateur d’une école de cirque, c’est aussi, et à dessein, sanctionner la centaine d’enfants dont de nombreux enfants handicapés dont s’occupe Abu Sakha au quotidien. C’est aussi les empêcher de poursuivre leur cursus de formation, d’exercer une activité culturelle, sportive et artistique indispensable à leur bien-être si souvent réprimé dans ce contexte d’occupation et d’oppression.

C’est une des raisons pour laquelle Présence et Action Culturelles soutient activement la proposition de résolution concernant les détentions administratives de prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, déposée le 8 octobre 2015 à la Chambre des Représentants, par Gwenaëlle Grovonius, députée fédérale socialiste.

Il nous apparaît aujourd’hui essentiel que la Belgique pose un acte diplomatique fort en condamnant fermement le principe de détention administrative telle qu’appliquée aujourd’hui. Ne l’oublions pas : de par l’exercice de fonctions liées exclusivement à des projets développés et financés par notre Coopération au Développement, le gouvernement belge est en mesure de réclamer immédiatement la libération de Mohammad Abu Sakha, ainsi que de nombreux autres prisonniers placés sous le joug de la détention administrative.


Mise à jour le 13/6/2016

Les autorités israéliennes ont prolongé de six mois la détention sans procès du clown palestinien Mohammed Abou Sakha, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

« Nous avons le cœur gros, sa détention administrative a été prolongée de six mois supplémentaires », a indiqué dans un communiqué l’école du cirque de Bir Zeit en Cisjordanie occupée qui l’emploie.

Le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, a confirmé la prolongation jusqu’en décembre de la détention de Mohammed Abou Sakha, 24 ans, arrêté le 14 décembre 2015.

Environ 700 Palestiniens sont détenus par Israël sous le régime de la détention administrative, qui permet d’incarcérer des suspects pour plusieurs mois renouvelables indéfiniment, sans leur en notifier les raisons. Cette mesure est régulièrement dénoncée par l’ONU et les défenseurs des droits de l’Homme.

Les autorités israéliennes défendent ces détentions en expliquant qu’il s’agit d’un outil essentiel pour empêcher des individus qu’elles jugent dangereux de nuire et de commettre des attentats, tout en gardant secrètes des informations sensibles.

Amnesty International a qualifié la détention de M. Abou Sakha de « nouvel exemple honteux de l’utilisation abusive de la détention administrative par les autorités israéliennes ».

« Depuis des décennies, Israël s’appuie sur la détention administrative dans de nombreux cas comme une alternative à des procès pour les Palestiniens, et l’utilise pour supprimer la contestation pacifique », a réagi l’ONG, appelant l’Etat hébreu à « prendre des décisions urgentes pour mettre fin à cette pratique cruelle une fois pour toutes ».

Le Shin Beth accuse Mohammed Abou Sakha d’être un membre actif du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation de la gauche historique palestinienne considérée comme terroriste par Israël.

Au fil des ans, l’école du cirque de Bir Zeit a recruté des jeunes dans le reste de la Cisjordanie et compte désormais plus de 300 élèves, garçons et filles.

Source : L’Orient Le Jour

 

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