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Un gamin palestinien, paralysé par une balle israélienne, n’attend rien de la justice

Atta Mohammed Atta Sabah est un Palestinien de 12 ans qui s’est fait tiré dessus par un soldat israélien le 21 Mai 2013 dans le camp de réfugiés de Jazalon près de Ramallah en Cisjordanie occupée, alors qu’il tentait de récupérer son cartable.

Suite à cette blessure par balle, il est maintenant paralysé en dessous de la taille, avec des lésions au niveau de son foie, ses poumons, son pancréas et sa colonne vertébrale.

Les rapports actuels contiennent les affirmations typiques de l’armée israélienne disant que les soldats tiraient sur les manifestants qui lançaient des cailloux et des cocktails molotov.

Un mépris inquiétant des enfants

Quelques jours après l’agression, la Défense des Enfants International – Palestine (DEI-Palestine) a déclaré:

« Ce genre d’agression a un effet dévastateur et tragique, et se produit malheureusement bien trop souvent, » rapporte Ayed Abu Eqtaish, le directeur de programme sur la recherche de responsabilités, de DEI-Palestine. « Le mépris flagrant des soldats envers les enfants est très inquiétant. Nous exigeons des autorités israéliennes qu’elles mènent sans plus attendre une enquête transparente et impartiale et tiennent les auteurs responsables. »

Dans une interview publiée aujourd’hui par DEI-Palestine, Atta et sa mère racontent leur histoire. « Il allait directement à l’école et en revenait sans faire de détours. Il est très attaché à ses animaux de compagnie, et passe tout son temps avec ses oiseaux et ses pigeons. Atta n’était pas intéressé par les affrontements avec les soldats. »

« Je ne m’attends pas à ce que quoi que ce soit arrive au soldat qui m’a tiré dessus, » a déclaré Atta. Les soldats israéliens ne sont pratiquement jamais mis en accusation pour leurs crimes contre les civils palestiniens, et quand ils le sont, la peine est insignifiante.

« Non, je n’ai rien entendu de la part des Israéliens, ils n’en ont rien à faire de ma situation, » a ajouté Atta.

La mère d’Atta partage son inquiétude quant aux futurs soins de son fils, handicapé et traumatisé. « Parfois, il se met en colère. Sa tension artérielle monte jusqu’à 205. Il ne parle pas vraiment de ce qu’il lui arrive, c’est de cette manière qu’il exprime sa colère. »

La vie dans le camp de réfugiés de Jazalon est ponctuée par des incursions régulières des soldats de l’armée occupante israélienne qui arrêtent des jeunes Palestiniens. Atta pense pouvoir marcher de nouveau, mais sa mère est moins optimiste...


Publié sur The Electronic Intifadah, le 8 août 2013.
Traduction : Christelle Chidiac.

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